Eros Ramazzotti: «Je n'ai pas l'impression d'avoir changé»
C'est le chanteur italien le plus connu dans le monde entier. Avec sa belle gueule et sa voix rauque, Eros Ramazzotti s'est mis dans la poche un public essentiellement féminin. Et chacun de ses albums remporte un succès retentissant, tout particulièrement en Suisse. Eros Ramazzotti va très certainement cartonner avec «E2», son double best of regroupant ses plus grands succès, trois titres inédits et des tubes agréablement interprétés par des stars internationales, tels Jon Spencer ou Wyclef Jean en passant par les Chieftains. Rencontre avec le roi de la pop italienne.
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Vous sortez un double album avec des inédits et une pléiade d'invités. C'était trop facile de sortir un simple best of?
Je n'aime pas faire les choses normalement. Et puis j'avais déjà sorti un best of il y a dix ans, je ne voulais pas refaire la même chose. Ce disque est particulier, il démontre mon grand respect pour mon public. Et c'est une étape de plus dans ma carrière que de faire chanter mes titres par d'autres artistes.
Comment choisit-on les artistes avec qui on veut travailler?
J'ai donné une liste de noms en fonction de mes goûts musicaux, comme Steve Vai ou Take?6. Ils ont tous travaillé avec moi avec plaisir, ce n'était pas qu'une histoire d'argent.
Certains ont refusé?
Stevie Wonder ne pouvait pas pour des questions de temps. Et tous les autres m'ont envoyé une excuse valable, personne n'a refusé parce qu'il s'agissait de Ramazzotti.
Ces chansons s'étalent sur plus de deux décennies. Que reste-t-il de vos 20 ans?
Le temps a passé très vite, mais les problèmes et la réalité sont toujours les mêmes. Je n'ai pas l'impression d'avoir changé. J'ai mûri parce que j'ai plus du double aujourd'hui. Mais je suis resté une personne normale, même si les gens m'apprécient et écoutent mes chansons.
Qu'est-ce qui vous a donné envie de chanter?
Je ne sais pas. Je pense que l'union entre mon père et ma mère a fait que je suis né avec cette envie. Tout vient des parents. La famille de mon père chantait, et j'ai hérité du caractère fort de ma mère calabraise. C'est ce qui m'a permis de résister à ce monde.
Si c'était à refaire, que changeriez-vous?
Rien. Je ne changerais rien. Je pense avoir déjà fait beaucoup même s'il me reste encore beaucoup à faire. Mais, quand je regarde en arrière, je suis satisfait de mon succès. Personne n'est jamais parvenu à un tel résultat en Italie. Je suis très content de ça. Mais ça ne doit pas me monter à la tête. Pour moi, la musique, c'est comme un examen: il faut toujours essayer de réussir. Et ce nouvel album prouve que je n'aime pas les choses simples. Il faut toujours oser.
Quel impact a eu votre belle gueule sur votre carrière?
C'est important en début de carrière, un nom dont on se souvient, un physique qui plaît. Mais après ça se dissipe. On doit démontrer à son public qu'on vaut quelque chose sur le plan artistique, qu'on écrit de belles chansons. Ça va au-delà de l'apparence physique. Et puis une femme est belle uniquement si elle est également gentille. Aujourd'hui, il faut être beau mais bon, sinon on n'avance pas.
Que vous reste-il à faire encore?
Je dois préparer mes prochains disques, arranger les chansons d'une certaine manière. Je dois faire les choses qui me plaisent. Il faut que je maintienne ce que je suis parvenu à faire.
C'est plus difficile aujourd'hui de vendre des disques?
Bien sûr, surtout de vendre des disques! On doit à chaque fois tenter de se faire reconnaître de tous. Il faut faire de la promotion, suivre ce qu'écoutent les jeunes. Mais j'ai toujours fait les choses qui me plaisent.
Pourquoi plaisez-vous toujours autant?
Si Eros Ramazzotti continue à être aussi connu au-jourd'hui, c'est parce qu'il a un style particulier, qu'il n'a jamais copié personne, que ça fait vingt-trois ans qu'il fait des choses nouvelles et positives. Je dis ça parce que c'est ce que pensent les gens. Et je chanterai tant qu'ils le voudront.